Ces hommes formidables

Avez-vous remarqué qu’il y a des hommes formidables ?

Dans un contexte où le féminin monte en puissance et les hommes sont (un peu) montrés du doigt. Je souhaite vous faire part de ma fin de semaine dernière et vous parler de trois hommes formidables.

Philippe studer

Le premier c’est Philippe Studer.
Jeudi soir il a présenté son livre à la CCI, la chambre de commerce de Strasbourg « Le voyage inversé – De l’entreprise à la tribu » co-fondateur d’une entreprise d’études marketing ED Institut il est parti en 2008 faire un tour du monde avec sa femme et ses deux fils. Pendant un an ils ont vécu proche des peuples racines. Au coeur de la forêt amazonienne Philippe a rencontré des nuits naturellement musicales, la vie nocturne des animaux, la relation aux personnes basés sur le fonctionnement de la tribu et non d’un seul individu : le chef. A ce retour de voyage, son entreprise qui continuait de tourner sans lui l’a accueilli à bras ouverts et l’aventure s’est transformée avec lui. ED Institut fait maintenant parti de ces entreprises dites « libérées » avec des horaires qui ne sont plus imposées mais aussi des espaces de discussions en cercle chaque semaine, des moments de paroles simples et sans objectifs, pour être simplement en relation en dehors de la volonté de rendement. C’est aussi une entreprise où je participe chaque mercredi avec des massages pour que chacun puisse se détendre un peu. Mais revenons-en à Philippe, il faut oser ce changement pour que chacun puisse être bien tout en continuant à ce que l’entreprise tourne, offrir sa confiance aux employés et agir à travers elle. Un livre à lire, à méditer et à appliquer, qu’on soit employé, chef d’entreprise, ou en micro-entreprise.

Gilles Wurtz

Le second est Gilles Wurtz
Vendredi soir il était en conférence à la maison des associations. Il présentait le chamanisme celtique. Il a dans ses yeux ces étincelles d’un enfant heureux et le rire communicateur. Il a mis les points sur les « i » dès le départ en nous disant «Si quelqu’un se présente à vous comme chamane, guérisseur ou qui va soigner votre âme : fuyez ! »

Gilles a rencontré il y a 27 ans une vieille femme de son village dans le Sundgau, elle l’a initié durant six ans. Elle l’a conduit vers l’expérimentation de ce que nos ancêtres nous ont laissé. En Terres Alsaciennes nos ancêtres sont les celtes, les celtes sont les ancêtres des terres Européennes, la traduction la plus proche du mot celte est « compagnon ». Qu’est ce que la chamanisme ? Ce mot issu de la langue Toungouse n’était pas employé par les celtes mais il permet aujourd’hui de communiquer sur une pratique spirituelle qui vise à vivre en harmonie avec son environnement en essayant de ne pas déranger l’écosystème. La communication avec les autres règnes est importante en chamanisme, c’est pourquoi on essaye de se syntoniser afin de percevoir leurs messages : le son du tambour répété de façon monotone pendant plus de 15 minutes permet au cerveau d’entrer dans un état de réceptivité (étude scientifique sur 1000 personnes).
Pour en savoir plus, Gilles Wurtz a écris deux livres mais donne aussi des stages sur Colmar et  dans l’Est.

Le troisième est André Riehl
Tout le week-end André était à Strasbourg pour donner un stage de yoga Nidrâ. Le Yoga Nidrâ est une pratique de yoga qui ne repose pas sur les postures mais sur l’exploration des états de conscience et ce en position couchées, Savasana. Nous y pratiquons la relaxation profonde du corps avec attention vigilante. Au début, il peut arriver qu’on sombre dans le sommeil ou qu’on trouve le temps long. Avec le temps on arrive plus facilement à se sentir comme couché dans une pirogue est très conscient du voyage en cours. Le yoga Nidrâ nous confronte à nos crispations de l’existence, les tensions que nous accumulons de notre contrariétés, nos émotions refoulées, nos vieux schémas de comportement. C’est une technique qui nous conduit sur le chemin de la connaissance de soi et qui lève le voile sur les grands mystères de la création. Issue du Shivaisme tantrique, on peut lire des ouvrages de Pierre Feuga et Eric Baret afin de s’inspirer des racines du Nidrâ. 

André est un grand connaisseur des origines du yoga et du Sanskrit, il se base sur les textes traditionnels pour nous transmettre son enseignement. Notamment, les 4 derniers versets de la Mandukya Upanishad ont soutenus notre exploration du week-end. Nous avons exploré les sons qui compose le chant du « Om » A – O – M, pas les sons produits vocalement dit « externes » mais les sons internes. On pourrait penser que ce sont des sons imaginés, cependant André explique dans une de ses vidéos que les ascètes qui ont pratiqué des années de silence ont rapporté que dans ce profond silence on entend des sons en provenance du silence. On pourrait se dire : oui le ventre qui gargouille ? Non il s’agit de perceptions qui ne dépendent pas uniquement de l’organe de perception de l’ouïe, il s’agit d’une vibration subtile. Nous pouvons le percevoir par l’expérience, la description théorique apporte en réalité peu d’indication. Essayez !

Nidrâ
André Riehl

André met l’accent sur le fait que le français manque souvent de mots pour traduire le Sanskrit, notre langue est faible et le mot énergie sert souvent à recouvrir ce qui en Sanskrit correspond à des états de perception très variés les un des autres. Il ne reste donc qu’à essayer par soi-même et pourquoi pas inventer de nouveaux mots ?
André transmet son enseignement dans la bienveillance, la douceur, les moments de silence. C’est de loin un des stages de yoga des plus enrichissant que j’ai pu vivre depuis des années. Je suis depuis deux ans en formation de yoga Nidrâ auprès d’un de ces compagnons Christian Thikomiroff, c’est sans dire que le yoga Nidrâ est d’une profondeur et d’une abondance sans limites. Ceux qui l’ont testé sont étonnés, abasourdis des effets de cette technique qui laisse sans mots.

A ces trois hommes je vois quelques points communs : un calme transmissible, un visage détendu esquissant un sourire, une gestuelle sans contrôle, une élocution qui donne le temps de penser, de sentir et d’écouter.

Leurs recommandations sont communes : s’étudier, s’explorer, écouter, communiquer en cercle (groupe), se donner du temps pour vivre la nature – sa propre nature.

Merci à la vie de placer des hommes inspirants sur mon chemin.

Jennifer, 19 février 2018